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[RwandaLibre] Fw: *DHR* témoignage sur la mort du capitaine Diagne

 



Mais le fameux Andre Guichaoua avec sa psychologie pense toujours que quand les rwandais ont manifesté dans les rues leur soutien a l'Opération Turquoise, pour Andre Guichaoua il s'agissait d'un soutien de l'Opération Turquoise aux Hutus pour tuer les Tutsi.
Andre Guichaoua oublie que les Rwandais ont manifesté leur joie a l'égard de tous les  casques bleus qui étaient au Rwanda, y compris les Sénégalais, les Ghanéens et les autres. Cette joie ne s'est pas manifestée uniquement a l'égard de l'Opération Turquoise . Les Rwandais espéraient qu'ils allaient  avoir la paix après 4 ans de guerre et d'incertitude dans tout le pays. Mais cela n'a pas été possible a cause de Kagame et Dallaire , qui restent impunis.
Rien n'est pire que d'avoir un Doctorat et raisonner illogiquement.

----- Forwarded Message -----
From: "pierre foucher akagera@hotmail.fr [Democracy_Human_Rights]" <Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr>
To: FOUCHER Pierre <democracy_human_rights@yahoogroupes.fr>
Sent: Saturday, 10 May 2014, 7:11
Subject: RE: *DHR* témoignage sur la mort du capitaine Diagne

 
On ne peut que saluer cette excellente analyse dont beaucoup pourraient s'inspirer!


To: Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr
From: Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr
Date: Sat, 10 May 2014 01:25:41 +0200
Subject: *DHR* témoignage sur la mort du capitaine Diagne

 
 André Guichaoua a envoyé ce témoignage au Soir qui l'a publié en juin 1994.

Des soldats africains au Rwanda ? Une mort et ses enseignements
Au bout de deux mois de massacres et d'exactions, il est devenu difficile de s'émouvoir et de témoigner. Pourtant, avec la mort du capitaine Diagne Mbaye, membre de la Mission des Nations Unies au Rwanda, l'émotion resurgit, douloureuse. Face à l'impuissance honteuse de la force internationale lorsque les tueurs de la Garde présidentielle, des milices et des Forces armées se sont abattu début avril sur les démocrates rwandais, le comportement exemplaire d'individus comme lui donnait au moins un contenu tangible minimum à sa présence.
De nationalité sénégalaise, il était arrivé avec les troupes de l'OUA en juillet 1993 et lorsqu'il intégra la MINUAR en décembre, il avait déjà acquis une grande familiarité avec les parties en conflit. Celle-ci sera sans cesse sollicitée après le début des affrontements, le 6 avril, et le rendra ensuite omniprésent. Il sera un des représentants les plus mobiles de la MINUAR et, de ce fait, toujours chargé, à côté de ses habituelles tâches de liaison, de divers services ou contacts.
Je retiendrais un exemple. Au cours de la première semaine de terreur programmée, il sera à partir de l'hôtel des Mille Collines où il logeait l'opérateur principal des récupérations des personnalités ou simples citoyens pourchassés. Elles seront négociées cas par cas, et la plupart du temps contre argent comptant, avec les gradés de l'armée rwandaise. Des dizaines de Rwandais lui doivent d'avoir pu ainsi joindre l'hôtel (parmi lesquels les cinq enfants d'Agathe UWILINGIYIMANA qu'il a récupérés le 7 avril après être arrivé un quart d'heure trop tard pour sauver leur mère), mais surtout, ils ne le savent pas tous, d'y être resté. En effet, c'est presque toujours lui qui était sollicité par le personnel de la réception pour dissuader les visites nocturnes des militaires qui, non contents d'avoir touché leur rançon le jour, voulaient récupérer leurs proies et "finir le travail" la nuit.
L'évacuation des ressortissants étrangers fut pour lui un moment très douloureux du fait de l'exclusive vis-à-vis des ressortissants rwandais. Il assistera désolé aux refus catégoriques des ambassades occidentales d'emmener des "nationaux" dans les convois. Faisant allusion aux personnes en danger qu'il avait ramenées à l'hôtel, il dira lors de l'évacuation des étrangers le 11 avril : "j'ai fait la moitié du travail, maintenant c'est à vous de faire l'autre moitié". Cela fut refusé. Le samedi suivant, il organisait avec la MINUAR une autre tentative d'évacuation de l'hôtel pour ceux qui étaient restés, infructueuse malheureusement. Puis d'autres encore comme celle dramatique du 3 mai,… jusqu'à celle enfin réussie du 27 mai. Après sept semaines d'angoisse, les réfugiés des premiers jours purent échapper à leurs geôliers et maîtres-chanteurs. Extraordinaire succès juste avant de mourir touché par un obus du FPR à un barrage "gouvernemental" !
Au-delà de l'exemple individuel, et à la lumière du désastre consommé, cette forme de persévérance et de courage naturel, que l'on retrouve chez de nombreux soldats et gradés africains de la MINUAR, force le respect et nourrit un réel malaise. Puisque "ceux qui en avaient les moyens" ne voulaient pas intervenir dans la crise rwandaise, il disait, comme plusieurs de ses collègues africains, préférer son statut de militaire "impuissant". L'analyse n'était pas fausse, l'ONU l'a faite sienne. D'une certaine façon, le dégraissage de la force des Nations Unies - elle est passée de 2 500 à 270 personnes après le 21 avril - n'a fait qu'ajuster les effectifs aux tâches réelles qu'il était possible d'assurer à l'intérieur du mandat fixé. Finis donc les casques bleus, spectateurs gênés d'exactions et d'assassinats s'accomplissant autour même de leurs véhicules stationnés aux différents carrefours de la capitale Kigali. Réduite à sa plus simple expression, la force des Nations Unies au Rwanda est redevenue présentable, voire "sympathique". Sorte d'ONG de la médiation politique, elle donne à croire que la communauté internationale gère (à 800 000 dollars par jour, l'impuissance paraissait coûteuse) et s'ingère dans le dossier rwandais proportionnellement aux marges … que "l'acharnement des protagonistes veulent bien lui concéder". À ce titre, la MINUAR remplit la même fonction que les soutiens humanitaires précipitamment renforcés de la part des coopérations bilatérales pour masquer le vide ou la faillite des politiques "africaines".
À bien des égards, la crise rwandaise, dans le prolongement de la crise burundaise d'octobre 1993, inaugure une nouvelle forme de gestion des crises nationales adaptée aux "zones de chaos prononcé et durable" de la part de la "communauté internationale". Impuissance assumée, opportunisme, gestion déconcentrée.
En Somalie, les autorités françaises se gaussaient de la gesticulation américaine - les Américains assuraient au nom des Nations Unies la conception et la conduite de l'opération - et se sont cantonnées à un apport correspondant à ce que les "Français savent faire" du fait de leur "longue expérience africaine". En quelques mois, comme cela était effectivement prévisible, "big stick" et grands principes ont fait long feu. Certains réussirent une sortie relativement digne du guêpier, les autres non. Les coups de pied de l'âne des premiers aux seconds ne manquèrent pas pour amplifier le fiasco patent de ce type d'intervention. Le cas rwandais permet, tout aussi cruellement, d'apprécier l'efficacité comparée des méthodes et traditions françaises. Approche "toute en finesse" inscrite dans la durée, intimité étroite avec les centres de décision, absence de principes et grande tolérance vis-à-vis de la "spécificité" des moeurs politiques africaines, condescendance spontanée vis-à-vis des politiciens et en particulier ceux de la "troisième voie démocratique", bref il s'agissait, affirmait-on, de bâtir dans la durée en misant sur les forces stables (armée, Présidence et ex-parti unique). Une fois disparu le paravent Habyarimana que reste-t-il de l'investissement, voire de la stratégie ? Une armée, toutes forces confondues, et des milices dont la fonction se limite à l'essentiel : tuer tous ceux qui menaçent l'"ordre" tel que défini dans l'esprit de stratèges déments. La manière même de conduire le combat - aussi bien sur le plan de l'utilisation des ressources que de ce qu'il faut appeler la stratégie, montre leur faible assimilation des nouveaux programmes enseignés par les professeurs de la Mission Militaire de Coopération en matière de "gestion de l'État de droit". Plus douloureux encore pour ces derniers, les élèves ont fait bien peu de cas des conseils et rappels à l'ordre du maître horrifié par le monstre engendré. Au niveau politique de même, si la "naïveté" et/ou l'impuissance des politiciens de l'opposition a été chèrement payée, la fiabilité politique de ceux composant la mouvance présidentielle - sur lesquels tout avait été misé - n'a rien à envier. Entre les ministres qui n'ont pas pris leur fonction et ceux "en mission", la continuité de l'État assurée part le gouvernement "de facto" fait peine à voir. La discrète gesticulation diplomatique dans les pays voisins et la très visible gesticulation humanitaire n'y changeront rien, la politique africaine aujourd'hui consiste avant tout à Paris à identifier les victimes, forcées ou consentantes, qui porteront le chapeau de ce que demain tout un chacun au plus haut niveau appellera, comme n'importe quel citoyen informé, un désastre.
Dans ce contexte, la douloureuse trajectoire de Diagne Mbaye me semble symbolique. Envoyé au Rwanda dans le cadre de l'OUA, il relève alors d'une institution au faible crédit international et dont personne d'ailleurs n'attend grand chose sur le terrain. L'intervention de l'OUA au Liberia a laissé des traces : commandement, logistique, état des forces, déontologie et professionnalisme des participants, etc., aucune faiblesse n'a échappé aux observateurs extérieurs. Malgré un mandat des plus limités, la MINUAR lui offre ensuite les moyens d'exploiter le capital de confiance et la connaissance acquise sur le terrain, c'est-à-dire concrètement d'extérioriser dans un cadre "légitime" et valorisé des qualités de médiation politique. Mais aussi, apport inverse, lui et ses collègues africains introduisent dans cette énorme machine la souplesse et l'absence de formalisme qui lui fait en permanence défaut.
Sans illusion excessive, cette lecture immédiate peut servir l'avenir. Au Rwanda, des troupes africaines ont pallié, modestement mais avec abnégation, courage et (vu les conditions particulièrement difficiles) efficacité, la défection des puissances occidentales. L'obligation qui pèse désormais sur les États africains de prendre en charge eux-mêmes la solution des conflits du continent n'en apparaît que plus urgente. Un dernier symbole : en ces temps où le complexe de Fachoda fait des ravages chez certains partisans de la défense de la ligne de front "bantou francophone"/"hamites anglophones", rappelons que le précédent Casque bleu mort au Rwanda était ghanéen et que le comportement des troupes de ce pays a lui aussi été remarqué.
André Guichaoua
Professeur à l'Université de Lille 1
Lille, le 1er juin 1994
[Mbaye Diagne a été décoré de l'Ordre national du mérite, de la Croix de la valeur lors de son enterrement au Sénégal.]



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