On Saturday, 9 November 2013, 20:58, Jean Bosco Sibomana <sibomanaxyz999@gmail.com> wrote:
9 novembre 2013
RDC: Silence assourdissant de Kigali depuis la débâcle du M23
Nairobi (AFP)
Des rebelles du M23 dan sle village de Rugwerero, le 8 novembre 2013 ©AFP
Le Rwanda, sous pression internationale pour lâcher le M23, est muré
dans un silence assourdissant depuis la défaite du mouvement rebelle
face aux troupes de la République démocratique du Congo (RDC) appuyées
par l'ONU.
Les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), qui ont annoncé mardi
renoncer aux armes après leur déroute, se sont réfugiés en masse en
Ouganda - un pays également accusé de les soutenir - en attendant la
signature, lundi, d'un accord de paix avec Kinshasa.
Une centaine de rebelles blessés ont aussi franchi la frontière
rwandaise - la seule information lâchée depuis mardi par Kigali.
Sollicité plusieurs fois par l'AFP, le Rwanda, qui a toujours nié
soutenir les rebelles congolais, n'a jamais donné suite.
Tout au plus la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise
Mushikiwabo s'inquiétait-elle lundi soir sur une radio locale, alors
que le M23 était "chassé du territoire" de la RDC, d'une progression
vers les frontières de son pays des FDLR (Forces démocratiques de
libération du Rwanda).
Parmi ces rebelles hutu rwandais figurent des auteurs du génocide
rwandais contre les Tutsi en 1994, qui sévissent depuis dans l'est
congolais et continuent, selon Kigali, de menacer son régime.
Le silence du Rwanda est d'autant plus remarqué qu'il tranche avec les
menaces de riposte que proférait Kigali il y a quelques semaines
contre l'armée de RDC quand des obus tombaient sur son territoire, à
la frontière de la région congolaise du Nord-Kivu où s'affrontaient le
M23 et les forces de Kinshasa.
Kigali est intervenu à plusieurs reprises, parfois déguisé en
rébellion locale, dans l'ex-Zaïre, invoquant un droit de poursuite des
rebelles des FDLR, notamment au cours des deux guerres régionales sur
le sol congolais (1996-1997 et 1998-2003).
Dès la deuxième guerre du Congo, ses incursions au Nord-Kivu, riche
province minière de l'est de la RDC qui attise les convoitises, lui
valent des critiques.
Dissensions internes
Mais c'est surtout l'émergence de la rébellion la plus récente, le
M23, qui déclenche les foudres d'alliés de poids comme les Etats-Unis.
Les rebelles du M23, qui combattaient l'armée congolaise depuis avril
2012, sont essentiellement des Tutsi congolais issus d'une précédente
rébellion, déjà liée au Rwanda, et qui avaient été intégrés aux forces
de RDC après un accord de paix en 2009.
Plusieurs de ses membres, dont son chef militaire Sultani Makenga,
font l'objet de sanctions onusiennes et américaines pour des atrocités
perpétrées au Nord-Kivu (meurtres, viols, recrutement d'enfants...).
Pour protester contre le soutien rwandais aux rebelles, les Etats-Unis
ont d'abord suspendu 200.000 dollars d'aide militaire à ce petit pays
de la région des Grands Lacs, puis pris de nouvelles sanctions début
octobre, le privant au moins partiellement d'aide militaire pour 2014.
Londres, traditionnel allié, Stockholm, La Haye et Berlin ont
également partiellement gelé leur aide, pour les mêmes raisons.
"Le Rwanda a poussé le bouchon un peu loin dans son pari sur le M23",
estime l'analyste indépendant belge Kris Berwouts.
Du coup, "les partenaires traditionnels du Rwanda sont allés bien
au-delà des pires craintes" de Kigali, longtemps protégé par la
culpabilité de l'Occident honteux de sa passivité lors du génocide, a
ajouté M. Berwouts.
Selon les analystes, la débâcle du M23, en partie due à une
intervention inhabituellement musclée de la brigade de l'ONU chargée
de rétablir la paix dans la région, s'expliquerait aussi par
d'intenses pressions du Conseil de sécurité et des Etats-Unis pour que
Kigali ne réagisse pas lors de l'offensive.
"Kagame n'avait pas le choix" et ne pouvait pas intervenir, relevait
un spécialiste de la région avant même l'annonce du dépôt des armes
par le M23.
La discrétion du Rwanda, disent les analystes, s'explique aussi par
des dissensions internes au sein du régime.A Kigali, une partie des
hauts responsables resterait favorable à une présence et une influence
au Nord-Kivu pour, au-delà des intérêts miniers, continuer d'y traquer
les FDLR.Pour d'autres, le jeu n'en vaudrait plus forcément la
chandelle.
Reste à savoir quelle sera l'attitude de la brigade de l'ONU vis-à-vis
des FDLR et des nombreuses autres milices qui terrorisent les
populations du Nord-Kivu depuis 20 ans.
http://www.africa1.com/spip.php?article37525
--
SIBOMANA Jean Bosco
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